Le Gamin de la Rue

Bonjour à tous ceux qui reviennent sur mon blog! Après une longue absence de quelques mois, je reviens avec un slam que j'ai écrit pour la fête de la MJC sur le thème de la différence. Je vous laisse apprécier :


Une voiture arrive,
Assis au milieu de la route,
Je ne bouges pas,
La voiture s'arrête.
Qu'elle est belle!
Elle est toute noire!
Elle n'a pas de toit!
Il y écrit Porsche devant!

L'homme d'Occident sort de son carosse sans toit,
Et s'assied en face de moi.
Il me regarde.
Seraient-ce mes vêtements en guenille qu'il regarde?
Seraient-ce les cicatrices visibles sur ma peau qu'il regarde?
Je ne sais pas.
Toujours est-il que cet homme m'a demandé ce que j'avais.
En m'appelant "petit".
Je fonds en larmes...
Je lui éclate à la figure,
Si fort qu'une grenade aurait toute seule remis sa goupille.
Il y a que je ne veux pas que tu m'appelles "petit".
Je n'ai pas même vingt ans,
Mais je peux te jurer que j'ai plus vécu que toi.
Il y a que mes chaussures sont des bouteilles aplaties.
Il y a que je suis malade,
Et que je n'ai pas droit à être soigné.
Il y a que j'ai froid et que je n'ai rien pour me couvrir.
Il y a que j'ai faim,
Mais je ne mangerai que demain.
Il y a que pendant que toi tu roules en voiture,
Moi je cire des chaussures,
Pour essayer de manger ce soir.
Il y a que malheureusement je sais mieux définir le mot "misère" que toi.
Il y a que demain ne sera pas un nouveau jour pour moi.
Il y a que je ne sais même pas où je dormirai ce soir.
Il y a que je suis pauvre et que je le resterai.
Il y a que tous les jours c'est la même galère!

Après ça il m'a regardé,
Il paraissait étonné,
Voire choqué.
Puis il m'a pris par la main,
Il m'a regardé droit dans les yeux,
Et m'a demandé qui j'étais.

Je suis un gamin de la rue,
Que l'on soit d'Asie, d'Afrique ou des pays d'Orient,
On est tous pareils,
On marche,
On mendie,
On regarde le ciel,
En espérant qu'il va nous sortir de cet Enfer,
On regarde le ciel,
Et on craint la nuit,
De ne pas revoir le Soleil.
On rêve, on rêve,
C'est peut-être bien le seul droit que l'on a,
A part celui de respirer,
Mais parfois on aimerait mettre fin à nos jours.
Que l'on soit d'Asie, d'Afrique ou des pays d'Orient,
On est tous en guenilles,
Pieds nus,
Et dans la même galère.
On peut même pas se payer le luxe d'un HLM!
De toute façon à quoi ça sert,
Que je déverse des larmes devant toi,
Et que j'te raconte ma vie et les souffrances de mon coeur,
A toi, homme d'Occident,
Qui me tournera le dos et t'en iras,
Avec ta belle voiture?
Mais puisque j'ai l'occasion d'parler,
Je vais te demander de retenir cela,
Que l'on soit d'Asie, d'Afrique ou des pays d'Orient,
Nous, les gamins, on est tous pareils,
On connaît très bien la réalité,
La réalité est très dure,
La vie est parfois pour nous un fardeau,
Les regards que nous envoient les passants,
Sont aussi douloureux que la guillotine.
Vivre dans la rue,
On s'y fait pas.
On est les gamins de la rue,
Et on est tous dans la même merde!
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# Posté le jeudi 18 juin 2009 14:12

Mini-slams

Voici quelques "mini-slams" que j'ai écrits "comme ça" . Tous différents .

"Je veux décider de mon avenir ,
Mais avoir des idées de mon avenir . "


"Le jour est fini ,
Les Portes de l' Enfer ,
S'ouvrent ,
Le ciel devient ,
Un océan de flammes ,
Toutes les portes sont closes ,
Les étoiles ,
Ne seront pas de sortie ,
Pas cette nuit . "


" Si vous voulez ,
Faire la Révolution ,
Alors commencez ,
Par l'évolution ,
Car il faut évoluer ,
Avant de faire ,
La Révolution ."

Le "mini-slam" qui va suivre , il faut savoir comment je l'ai écrit : c'était vendredi dernier , pendant l'épreuve de français du Brevet Blanc , à la rédaction ,je devais raconter un événement embarrassant , c'était donc une biographie. J'allais narrer l' arrivée de ma petite amie , brusquement cette inspiration qui a fait ces slams que vous avez pu lire un peu avant m'est venue en tête , je me suis alors dis que j'allais épargner un petit slam à mon prof de français . Je l'ai donc écris sur un brouillon . Et ça donne ça :

" Je vous épargnerais mes moments de poésie ,
Je suis là dans le seul but de vous écrire ma vie ,
D'ailleurs ,
Je ne fais plus de poésie ,
Le slam vous lira ce que dit mon coeur .
Si vous êtes curieux ,
Alors venez nombreux ,
Mais faudra me trouver ,
Je vais partout où m'emmène la vie . "

# Posté le dimanche 11 janvier 2009 11:39

Les Questions du Désert

Après un mois qui était sans inspiration , je reviens avec un slam tout frais d'hier soir . Il s'intitule " Les Questions du Désert " .

Les portes du Désert ,
S'ouvrent ,
Un écho ,
Sonne à mes oreilles ,
Il me pose des questions ,
Portées par le vent ,
Demeurées sans réponses .

Ces questions sont les miennes ,
Et certainement celles d'autres ...
Individus .
Ces questions ,
Sont tous ces grains de sable ,
Qui sont à mes pieds ,
Et devant moi ,
Très loin ,
Je vois encore du sable ,
Des questions .

Je cherche ma question ,
Celle que j'ai oublié ,
Car je me la suis trop répétée ,
Sans résultats ,
Pas de réponse .

Mais où est-elle ?
Ma question sans réponse .
Qui m'a torturé l'esprit ,
Pendant ...
Je ne sais plus ,
Je l'ai oublié ,
Ma question .

J'ai écouté ,
Chaque grain de sable ,
Pendant un an ,
Voire dix ,
Je ne compte pas ,
Car j'aime ,
Qui ?
Elle .

Mais une tempête se leva ,
Et m'emporta .
Je perdis connaissance .
Et je me réveillais ,
Dans le désert ,
Encore .

Soudain ,
L'écho d'un cri ,
Me vint à l'oreille .
Mon cri !
Ma question !
J'écoutais chaque grain de sable ,
Plus excité que jamais ,
Mais jamais ,
C'est ma vie ,
Car jamais je n'ai trouvé ,
Réponse à ma question .

Ca y est ,
Je l'ai trouvé !
Mon grain de sable ,
Ma question ,
Que j'étais heureux .
Mais ma joie ,
Fut de courte durée ,
Car ,
A l'entendre ,
Elle me revint vite ,
A l'esprit .

Quand te reverrais-je ?

# Posté le jeudi 08 janvier 2009 14:23

Un groupe entier

Voici un slam que j'ai écris samedi (hier) pour la journée contre la discrimination qui se tiendra le 10 décembre et à laquelle je participerais via la MJC d'Odos avec mes amies ( Anais , Jody , Ophé et Marie-Hélène ) .

Elle était seule ,
Quand j'vous dis ,
Seule ,
C'est seule ,
Désemparée ,
Intoléré ,
Rejetée .

Pourtant elle voulait ,
Elle désirait ,
Elle l'avait ,
Cette flamme ,
Qui révélait ,
Cette envie ,
D'échanger ,
D'évoluer .

Elle voulait être ,
Avec des gens ,
Avoir les mêmes passions qu'eux ,
Apprendre des choses ,
De ces gens ,
Des valeurs ,
Des valeurs comme ,
La Solidarité ,
La Fraternité ,
La Tolérance ,
La Curiosité ,
De connaître ,
Des êtres ,
Différents .
Mais il fallait ,
Qu'elle soit ,
Dans un groupe .
Sinon ,
Pas d' échange ,
Pas d' évolution ,
Rien ,
Elle n'apprendrait rien ,
De ces gens ,
Qui lui apporteraient tant ,
Elle ne leur apprendrait rien ,
Parce-que chacun ,
Quel qu'il soit ,
A quelque chose à donner ,
A échanger ,
Elle pourrait leur apprendre
La Tolérance ,
L' acceptation ,
De la différence .

Mais non ,
Elle était rejetée ,
Intolérée ,
Différente ,
Oui différente ,
Trop différente ,
A leur yeux .

Pourtant chacun ,
Est un véritable trésor ,
Car son expérience de vie ,
Est différente de celle de son voisin ,
Chacun de vous ,
Est un trésor ,
Vous monsieur ,
Vous aussi madame .
Il faudrait juste échanger ,
Partager cette différence ,
Avec des gens ,
Connus ou Inconnus ,
Noirs ou Blancs ,
Chinois ou Groenlandais ,
Mais partagez ,
Vos valeurs ,
Tout en sachant ,
Que tous ces trésors ,
Que je vois là ,
Devant moi ,
N'ont qu'un point ,
Commun à tous ,
Ils sont tous unique .

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 15:25

Aurore

Aurore
Comme vous le remarquerez , ce slam est totalement différent des autres , il ne contient des rimes que sur les deux premières strophes , il est aussi plus sombre et plus révélateur . Ce slam est en fait un hommage à ma tante ...


Lundi soir,
Je me suis endormi ,
Dans le noir ,
Attaché à la vie ,
Ma mère avait l'cafard ,
C'était particulier ,
Elle pleurait .

En même temps ,
Je la comprend ,
Elles s'aimaient tellement ,
Bien sûr forcément ,
Elles étaient soeurs ,
Elles ont partagé tellement de peur ,
Tellement de joie ,
Et de désarroi .

Le choc était si terrible ,
Que l'écrire m'est impossible ,
"Ma p'tite soeur ! " qu'elle sanglotait ,
Maman était déchirée ,
Attristée ,
Tout ce que vous voulez ,
Mais maman était là ,
Dans tous ses états .

Je pense alors à mon oncle ,
Qui a perdu ,
Ce qui lui était le plus cher ,
Mon oncle détruit ,
Mon oncle malheureux ,
Mon oncle qui a dit :
"Quand j'ai appris ,
Ce qui s'est passé ,
J'ai tout de suite appelé ,
Ma mère ,
Parce-que dans ces cas-là ,
C'est la mère qu'on appelle ,
Et pas le père ".
Mon oncle ,
Qui devra faire comprendre ,
A son fils ,
Qu'il n'ya plus que papa ,
Maman n'est plus là .

Je pense alors à Léo ,
Mon cousin ,
Qui , du haut de ses 8 ans ,
N' a pas encore réalisé , compris ,
Que maman ne sera plus là ,
Pour tant de choses .
Mon cousin ,
Qui me demande ,
Se souvient de moi ,
Et me prend pour modèle .
Nous ne serons plus cousins ,
Mais frères .
Mon frère Léo ,
Qui a eu le courage ,
Enorme pour un enfant de 8 ans ,
D'aller voir sa mère ,
A la chambre funéraire ,
Pour lui dire ,
Au revoir .
C'est lui qui a jeté ,
La première rose ,
Il a craqué ,
Le pauvre .
Mon frère ,
Léo ,
Orphelin .

Je pense aussi à mes soeurs ,
Sara et Lola ,
Qui elles ,
N'ont pas compris ,
Elles n'ont que 5 et 7 ans ,
Elles connaissent ce mot ,
La mort ,
Mais ne comprennent pas que dire :
"Sabah , maman , c'est ta soeur ,
Qui est morte ? "
Oui , elle est morte ,
Mais n' emploie pas ce mot ,
Parce-que à chaque fois ,
Maman pleure ,
Ce mot est comme une épine ,
Dans le coeur .
Employez plutôt le mot ,
Décéder ,
Synonyme mais moins violent .
J'ai l'habitude de dire ,
Les choses comme elles sont ,
Mais pas là .
"Sabah est décédée ,
Sabah je t'aime ".



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# Posté le lundi 01 décembre 2008 14:29

Modifié le mercredi 03 décembre 2008 08:10